Nom de l’auteur/autrice :Michel Forestier

Actualité, Evénements

Faut-il perdre sa vie pour la gagner ?

Didier Martz, un ami philosophe, organise à Reims, chaque mois depuis plusieurs années, des Regards croisés. Il y sollicite des intervenants d’horizons différents pour échanger et débattre autour d’un thème. Il m’a invité à ceux qu’il organise à la fin de ce mois sur la question du travail, en lien avec le projet de loi El Khomri. Une psychologue du travail et un conseiller prudhommal devraient également y participer.

Si vous habitez Reims ou en êtes proche, vous êtes cordialement invité. Cela se tiendra le 27/05/2016 de 18 à 20 heures dans l’amphithéâtre de la Médiathèque Falala 2 rue des Fuseliers 51 100 REIMS.

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Pour ceux qui ne peuvent pas s'y rendre, je reproduis ci-dessous le texte de la chronique radiophonique que Didier a conçu au sujet de la réforme en cours du Code du travail.

Réformer le Code du travail

Lectures

Ouvrières chez Bidermann

Une amie m’a conseillé récemment de lire ce livre qu'une fois ouvert, j’ai lu presque d’une traite. C’est l’histoire instructive et émouvante du combat d’ouvrières, militantes syndicales, pour la dignité, la reconnaissance et l’emploi. Elle commence en 1972, à Valenciennes, dans un atelier de confection du groupe Bidermann qui prenait alors son essor, se poursuit par des délocalisations de la production à l’étranger et des restructurations en France à partir de 1980, la reprise par Deveaux en 1994, et se termine en 2008 avec la fermeture des dernières usines du Nord.

Histoire du travail, Lectures

Kafka écartelé entre son travail et le bureau

Pour dévoiler la subjectivité du travail, Franz Kafka est un excellent guide, non seulement parce que dans ses romans il a souvent mis en scène les affres de la vie bureaucratique et ses raideurs, mais parce qu’il l’a vécu de l’intérieur et a su en parler avec ce sens aigu et lucide de l’introspection qui est le sien. Cerise sur le gâteau, son objet professionnel était d’une certaine manière, le travail lui-même. En effet, de 1908 à 1921, il a été rédacteur dans une Compagnie d’assurance contre les accidents du travail !

Histoire du travail

Le Pont du Gard, un travail de Romain

Il traverse de ses arches élégantes la vallée du Gardon. Niché dans les plis d’une nature sauvage dont il s’est fait complice, on peut tourner autour de lui sans cesser d’admirer sa tranquille majesté. Il se dresse là comme une œuvre qui nous dépasse, bien qu’humaine, rien qu’humaine : un géant construit par des nains. Comment, dans des temps si anciens, un tel exploit a-t-il été possible ? Qu’est-ce que cela dit du génie humain, de sa puissance et de ses mirages ?

Evénements

Rencontre « Dire le travail » ce samedi 20 février

La coopérative Dire le travail organise une journée de rencontres à Paris, ce samedi 20/02/2016, à l'attention de ceux qui sont intéressés par son projet : favoriser l'expression écrite de chacun sur son travail et publier des récits du travail. Plusieurs ateliers sont prévus dans la journée, dont un atelier d'écriture PhiloTravail que j'animerai.

Actualité, Nouvelles réflexions

Des principes essentiels du droit du travail

Robert Badinter a remis le 26 janvier dernier au Premier Ministre un rapport sur les principes fondamentaux du droit du travail. Ayant eu l’occasion dans mon Bloc-notes d’analyser un premier essai du même auteur sur ce même sujet (voir l’article Le travail et la loi), il m’est apparu naturel de poursuivre l’exercice avec cette nouvelle production. Toutefois, le contexte et la méthode utilisée pour en accoucher ont ici radicalement changé. De ce fait, le résultat s’en trouve si bonifié que la plupart des critiques que j’avais formulées précédemment sont désormais levées.

Nouvelles réflexions

Passer par le travail pour penser l’écologie politique

J’ai présenté en juin dernier une communication au Colloque « Penser l’écologie politique » qui était organisé par l’Université Paris VII. Je cherchais à éclairer des débats d’écologie politique à partir de quelques clarifications conceptuelles et épistémologiques sur le travail et, se faisant, à favoriser le dialogue entre ces nombreux experts du travail – que ce soit des acteurs comme les syndicalistes ou des observateurs comme les chercheurs en sciences sociales – qui ne pensent qu’à ses effets sociaux et ces écologistes qui souvent en ignorent les réalités.

La voici reproduite ci-dessous.

Actualité, Evénements

Espérer plutôt que regretter. Vive 2016 !

Souhaiter sur son seuil que la nouvelle année soit bonne, c’est privilégier l’espérance. Voilà une belle tradition que j’ai plaisir à reprendre à l’attention des abonnés de mon bloc-notes et de tous ceux qui le consultent : Que cette année 2016 apporte à chacun de vous les moments de bonheur et de paix qui font aimer la vie.

Mais une nouvelle année, c’est aussi pour moi l’occasion de dresser un bilan de la consultation de mon site sur l’année précédente. En 2015, J’ai publié 24 articles. Le taux de rebond[1] a diminué, passant de 33 % à 13 %. Cela signifie que les visiteurs sont mieux aiguillés et arrivent sur mon site le plus souvent en connaissance de cause. Le nombre de visites hors rebond a progressé de 40 % : il est passé de 1500 à 2100, soit 6 visites par jour. C’est une fréquentation modeste, mais compte-tenu de la nature des articles que je publie, cela me semble encourageant si les visiteurs sont des lecteurs. Pour le savoir, j’ai mis en place quelques indicateurs simples : le nombre de nouveaux abonnés (12 en 2015), le nombre de consultations de plus de 10 minutes (107) et le nombre de consultations de 3 pages ou plus (695). Ils me permettent de suivre l’intérêt que suscite mon bloc-notes.

Les articles les plus consultés en 2015 ont été : « La leçon de labourage », « L’homme et la machine, sous les yeux de l’artiste » et « Le travail domestique, intime et clandestin », c'est-à-dire à chaque fois des commentaires sur des représentations du travail (une peinture de François-André Vincent, des photographies d’Henri Cartier-Bresson et des aquarelles de Carl Larsson). Cela me confirme l’intérêt de passer par l’image pour faire partager des réflexions sur le travail.

Compte-tenu de l’expérience acquise, je vais essayer en 2016 de me tenir à un triptyque thématique : un tiers d’illustrations commentées, un tiers d’articles de fond sur le travail et la nature et un tiers d’annonces d'événements ou de réflexions sur l’actualité.

Commençons par une annonce :

La projection-débat, « Les règles du jeu », prévue initialement en novembre 2015 a été reportée, du fait des attentats du 13 novembre, au 19 janvier 2016. Vous y êtes cordialement invités. Vous pouvez consulter une présentation du film et vous inscrire en ligne (c’est gratuit), en cliquant ici.

 

[1] Un internaute « rebondit » lorsqu’il repart aussitôt qu’il arrive sur un site. Il ne le consulte donc pas. C’est une erreur d’aiguillage en quelque sorte.

Lectures, Nouvelles réflexions

La nature escamotée du travail : le cas Piketty

Après le cas Marx que j’ai publié sur mon bloc-notes en juin dernier, voici celui de Thomas Piketty. Ce qui les rassemble ici, ce n’est pas leur objet (apparemment) commun, le capital, mais la difficulté qu’il y a à s’appuyer sur leurs réflexions pour penser une économie soutenable. Pour l’un comme pour l’autre en effet, la production naturelle n’a pas lieu d’être prise en compte dans les échanges économiques, mais seulement l’activité humaine qui la recueille et la met en forme.

Mais d’abord saluons l’artiste…

Mais avant d’entrer dans la discussion, Le capital au XXI° siècle et son auteur[1] méritent un grand coup de chapeau. Voilà enfin un livre d’économie politique qui se lit comme un roman, celui de l’histoire des inégalités depuis 300 ans et de l’écart des théories économiques avec les faits. Pour atteindre ce beau résultat, le cuisinier Piketty a mélangé avec constance trois ingrédients.

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